Lettre à notre député ( et au Président de la République)!

Publié le par lestitis67

Et oui, il faut taper parfois un peu haut pour faire valoir les choses qui nous tiennent à coeur....

Comme vous le savez, Robin est arrivé à 16 semaines.... pour 6 semaines d'avance , la loi ne reconnaît pas notre petit bout et ne nous considère pas comme des parents.... cette idée me révolte, nous avons attendu et aimé Robin, nous l'aimerons à tout jamais, il vit en nous..... en accouchant le 10 janvier, en le laissant partir, je suis devenue maman, et Thierry papa..... et nous revendiquons ce droit comme de  trop nombreux paranges, celui d'être reconnus comme parents  et celui de reconnaître que Robin a existé, même si son passage a été très bref....

Nous avons des élus et ces élus sont là pour nous écouter et trouver des solutions à nous requêtes.... donc, après avoir travaillé quelques mois dessus ( pas facile à faire ce genre de courrier), les deux lettres ( quasiment identiques si ce n'est l'intro et les salutations) sont les même....

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Monsieur le député,

Suite à notre entretien du 9 juillet 2007, je vous fais parvenir ce courrier que vous m’avez demandé. Cela a mis un peu de temps, il me manquait quelques éléments afin d’être précise. Il faut aussi dire qu’un tel courrier n’est pas simple à écrire pour une maman ayant perdu son enfant.

Le 2 novembre 2006, nous apprenions, mon mari et moi-même, après 4 ans d’essais et plus d’un an de PMA (Procréation Médicalement Assistée) que nous allions enfin devenir parents. Les premiers rendez-vous se sont déroulés à merveilles et début mi-décembre, la déclaration de grossesse avait été remplie et envoyée à l'administration. 

Mais l’échographie du 20 décembre 2006 nous apprenait malheureusement que notre petit garçon était atteint d’un Spina bifida (non fermeture du tube neural) entraînant de très lourds handicaps, physiques et mentaux. On nous a conseillé une interruption médicale de grossesse. Cette décision fut la plus dure décision que nous n’ayons jamais eu à prendre, mais nous l’avons prise pour notre bébé. Ce fut notre première décision de parents.

Notre petit Robin est né  sans vie  le 10 janvier 2007 à 13h25, à 16 semaines de grossesse. Il mesurait 13,5cm et pesait 53 g. Il était forcément très petit, mais totalement formé. On pouvait compter ses 1à petits doigts, ses petits doigts de pieds. Il avait un petit nez magnifique et un petit sourire. Il ressemblait déjà à son papa.  Ce jour là, nous sommes devenus parents, dans notre cœur et aux yeux de ceux qui nous sont proches….

Malgré cela,  nous ne sommes pas reconnus comme parents aux yeux de la loi. En effet,  la loi (article 79.1 du code civil et  différents décrets et circulaires) ne reconnaît actuellement pas les enfants nés sans vie avant 22 semaines d’aménorrhées  et les bébés pesant moins de 500grammes. Elle interdit aux parents d’inscrire leur enfant dans le livret de famille. (La délivrance du livret de famille ne se fait d’ailleurs pas non plus pour les couples non mariés quand leur enfant est né sans vie.)

Notre petit Robin n’existe donc pas et n’a donc jamais existé (si ce n’est dans le cœur de ceux qui l’aimaient déjà).

Le deuil d’un enfant qu’on vient de perdre est une épreuve difficile à surmonter, d’autant plus quand cette épreuve n’est pas reconnue.

Il est vrai que cette loi, qui reconnaît les enfants nés après 22 semaines, permet aux parents de toucher l’allocation de naissance, de déclarer leur enfants aux impôts la 1ère année et aux mamans de bénéficier du congé de maternité, …. Des « avantages » qui bien souvent ne font que rappeler la terrible tragédie, mais que nous autres « paranges » (parents d’un ange) ne réclamons pas nécessairement. Nous souhaitons seulement, après de tels évènements, être  reconnus comme parents par l’administration et pouvoir inscrire notre enfant sur le livret de famille, afin que son existence soit reconnue et que les enfants suivants puissent trouver leur vraie place au sein de la fratrie, en étant considérés comme des petits frères et des petites sœurs.

Le fait d’être inscrit à l’état civil donne aussi le droit aux parents d’un enfant né sans vie (après 22 semaines), d’inhumer leur enfant dans le cimetière de leur choix. Avant ce terme,  l’inhumation ne peut résulter que d’un accord avec la commune  et malheureusement, très peu de villes le permettent et rares sont les cimetières a possédé un carré des anges.

La reconnaissance des ces bébés joue aussi un rôle essentiel pour des parents qui, comme nous, sont obligés de recourir à la PMA (procréation médicalement assistée).

Actuellement, chaque couple a droit à un certain nombre de tentatives remboursées par la sécurité sociale (6 inséminations et 4 fécondations in vitro en cas d’échec  pour les cas les plus simples, 4 fécondations in vitro pour les cas  les plus complexes). Il est vrai que ces tentatives coûtent cher, mais les couples en bénéficiant sont confrontés à de réels problèmes médicaux (aucun couple ne passe par ce parcours par plaisir).  4 essais, c’est bien peu  quand on sait que de nombreuses femmes tombent enceintes au 5ème, au 6ème essai….Comment comprendre cette limitation quand à côté de nombreux traitements  ou interventions sont remboursés, alors que les conséquences sont parfois moins importantes…

Lorsque la grossesse est menée à terme ou dépasse les 22 semaines (pour un bébé né sans vie), le « compteur » du nombre de tentatives PMA est remis à 0 et le couple bénéficie à nouveau de 4 tentatives pour concevoir un second enfant. Pour les parents dans notre cas, ce compteur n’est pas remis à 0 car aux yeux de la loi et de la sécurité sociale, notre bébé n’existe pas.

Pourtant  j’ai accouché de Robin comme toutes les autres femmes, avec les douleurs des contractions, la rupture de la poche des eaux, les douleurs de l’expulsion, le tout sans péridurale, en plus de la douleur psychologique de savoir que nous n’entendrions pas notre bébé pleurer, que nous ne le verrions que le jour même et que nous allions rentrer seuls chez nous, sans notre petit garçon….

Notre bébé aurait été viable si nous avions décidé de le garder, mais à quel prix, dans quelles conditions ? L’amour peut-il effacer une vie faite de souffrances ? Comment imposer cette vie à un enfant, à notre enfant.

 Il aurait suffit que nous attendions 6 semaines de plus pour que Robin existe aux yeux de la loi ! 6 semaines, quand on sait que la meilleure décision est de le laisser partir  le plus tôt possible afin de lui éviter la souffrance.

Pourtant Robin a bel et bien existé.  Nous avons  les photos des 3 échographies, les photos de notre bébé le jour de sa naissance et de son départ….Nous l’avons touché, bercé, nous lui avons parlé, nous l’avons aimé.  Il vit en nous chaque jour de notre vie et cela à jamais.

Il faut absolument que cette loi change… Ces bébés tant attendus ont le droit d’être reconnu comme n’importe quel enfant. Ils ont existé, ils existent toujours dans nos cœurs, ils ont été attendus et aimés dès l’annonce de la grossesse et c’est pour cette raison qu’il est horrible de nier leur existence. La négation pure et simple de la vie de ces bébés par l’administration ne prend absolument pas compte de la dimension humaine d’un tel drame. Il faut absolument imaginer une réelle place et prise en compte de l’enfant décédé afin de faire une place entière à celui qui a existé et qui continuera d’exister dans le cœur et dans les pensées de ses parents. Cette reconnaissance  devrait se faire automatiquement dès que la grossesse a été déclarée auprès de l’administration.

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire… Merci de bien vouloir soutenir notre cause et celles des trop nombreux parents qui se trouvent confronter à ce drame, celui de la perte d’un enfant. 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Laetitia JOCHEM
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Publié dans A Robin - notre ange

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M
Coucou ma belle,ta lettre est magnifique/merveilleuse aussi belle que nos anges sont beaux...Robin doit être fier de ses parentsje te souhaite tout ce qu'on peut souhaiter pour lui et pour vous.mélie et son petit ange miracle NoaPS:bbfiv 
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M
allez messieurs montre nous que vous aussi avez un coeur!et que vous pouvezvous montrer genereux !                                                         courage mes cheris  1000 bisous 
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M
je vous souhaite trés fort, une réponse positive à cette requéte pleine d'émotion et de tristesse!bisous.
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M
Laëi, j'espère de tout coeur que le député va faire le maximum pour vous car cette est trop forte en émotions. Aussi, peut être que ce cher Président de la République a un coeur et comprendra pour faire évoluer les choses et dans le bon sens. De tout coeur avec toi et ton mari, je te fais de gros bisous, manoueJe vous souhaite une tonne de courage et espère qu'un jour tu nous apprendra la merveilleuse nouvelle. Le vent va souffler dim sur les côtes bretonnes, j'espère qu'il vous enverra ce petit message à 120  km/h
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V
comment ne pas être touché?????continuez ce combat, levez vos étendards, nous vous suivrons partout où vous irez!Robin est dans notre coeur à jamais!véro21
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